EN GUINÉE : POUR CHEICK AHMED TRAORÉ, LE TEMPS DE LA RETRAITE RÉPUBLICAINE A SONNÉ POUR L’ANCIEN PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ALPHA CONDÉ

Le discours attribué à Alpha Condé se veut solennel, compatissant et rassembleur. Mais derrière la rhétorique lyrique du « père de la nation » se cache une réalité que le peuple de Guinée n’ignore plus : ce discours est celui d’un ancien chef d’État qui refuse d’assumer la fin de son cycle historique.

La Guinée n’est pas en quête d’un passé ressuscité, encore moins d’un homme qui, après onze années de pouvoir, cherche à se réinventer en opposant vertueux aux dérives qu’il a lui-même institutionnalisées.

  1. La retraite n’est pas une humiliation, c’est un honneur

Dans toutes les grandes démocraties, les anciens chefs d’État savent quitter la scène avec dignité, transmettre la mémoire, conseiller, écrire, et laisser les nouvelles générations porter l’avenir.
Alpha Condé, aujourd’hui, doit faire valoir ses droits à la retraite politique, non comme une défaite, mais comme l’ultime acte de responsabilité envers la nation.

S’accrocher à l’illusion d’un retour au pouvoir, après avoir été renversé par une armée qu’il avait lui-même façonnée, relève plus du déni que du leadership.

  1. L’amnésie politique ne trompe plus personne

Prétendre aujourd’hui incarner la démocratie, la justice sociale et la bonne gouvernance est un exercice périlleux lorsque l’on a :
• instauré un troisième mandat contre la Constitution,
• gouverné par la répression des manifestations,
• laissé derrière soi des bilans humains lourds,
• affaibli durablement la confiance entre l’État et les citoyens.

Le peuple de Guinée n’a pas oublié. On ne peut pas demander au pays de pleurer sur des blessures que l’on a soi-même infligées.

  1. La contradiction morale du discours

Il est politiquement incohérent de :
• dénoncer l’arbitraire après avoir banalisé l’arrestation d’opposants,
• invoquer la peur comme instrument de gouvernance après avoir gouverné par la peur,
• appeler l’armée à un sursaut républicain après l’avoir instrumentalisée à des fins personnelles.

Cette posture n’est pas celle d’un sage, mais celle d’un homme en conflit avec sa propre histoire.

  1. La Guinée n’a pas besoin d’un retour en arrière

La jeunesse guinéenne aspire à :
• des institutions fortes,
• une alternance pacifiée,
• des dirigeants responsables,
• une mémoire assumée mais non envahissante.

La Guinée n’a pas besoin d’un éternel recommencement, encore moins d’une revanche politique personnelle travestie en combat patriotique.

Conclusion : le dernier service à rendre à la Nation

Le plus grand service qu’Alpha Condé puisse aujourd’hui rendre à la Guinée est simple, mais essentiel :

  • accepter la fin de son parcours politique,
  • renoncer publiquement à tout projet de retour au pouvoir,
  • entrer dans l’Histoire comme un ancien président, non comme un facteur de crispation permanente.

La retraite politique, lorsqu’elle est assumée, honore l’homme et apaise la nation.
Le reste n’est que bruit, nostalgie et illusion.

La Guinée mérite mieux qu’un passé qui refuse de passer.

Que Dieu protège la Guinée et bénisse les Guinéens.

Honorable Cheick Tidiane Traoré
Président Esprit GMD