Depuis le lycée, j’avais compris les dérives intellectuelles qui se cachaient derrière « l’𝐢𝐧𝐝𝐞́𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐨𝐢𝐫𝐞 » défendue par certains écrivains égarés, dont le seul objectif semblait être de créer un sentiment de nostalgie de la colonisation.
𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚 𝐋𝐚𝐲𝐞 fut décoré par le colonisateur, ce qui n’est pas étonnant. Comme le disait 𝐍𝐨𝐫𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐙𝐨𝐧𝐠𝐨 : lorsque vous êtes au service de la France, elle peut faire de vous un académicien, un intellectuel reconnu…
𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚 𝐋𝐚𝐲𝐞 représente, le prototype de ces intellectuels qui ont joué le rôle d’influence au service des colons en Afrique. Durant toute sa vie, il n’a jamais clairement condamné l’𝐞𝐬𝐜𝐥𝐚𝐯𝐚𝐠𝐞, ni la 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, ni le néocolonialisme.
𝑷𝒆𝒖𝒕-𝒐𝒏 𝒆́𝒄𝒓𝒊𝒓𝒆 𝒍’𝑨𝒇𝒓𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒄𝒐𝒍𝒐𝒏𝒊𝒂𝒍𝒆 𝒔𝒂𝒏𝒔 𝒅𝒆́𝒏𝒐𝒏𝒄𝒆𝒓 𝒍𝒂 𝒄𝒐𝒍𝒐𝒏𝒊𝒔𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 ?
Rappelons son célèbre ouvrage L’𝑬𝒏𝒇𝒂𝒏𝒕 𝒏𝒐𝒊𝒓, publié alors que de nombreux intellectuels africains étaient engagés dans la lutte pour la libération du continent. Lui choisissait de raconter ses souvenirs d’enfance, comme si ces souvenirs avaient plus d’importance que le combat pour l’indépendance.
𝐋𝐄𝐒 𝐃𝐈𝐒𝐂𝐎𝐔𝐑𝐒 𝐂𝐇𝐀𝐍𝐆𝐄𝐍𝐓
Il y a juste une semaine, un professeur de français me disait que Camara Laye était victime de la dictature de 𝐀𝐡𝐦𝐞𝐝 𝐒 𝐓𝐨𝐮𝐫𝐞́. Il me demande alors :
qu’aurait-il réellement gagné à participer à une tentative de déstabilisation de la Guinée ?
Aujourd’hui, je lui ai envoyé la publications de la 𝐌𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐝𝐮 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐞 qui s’interrogent sur une possible implication dans l’opération dite « Mar Verde ».
Il me dit que Camara Laye avait raison de combattre Sékou Touré.
Je réponds : Sékou Touré n’avait-il pas, lui aussi, le droit de se défendre ?
Plus personne ne répond.
Le jour où la France déclassifiera totalement ses archives sur la Guinée, beaucoup cesseront peut-être de parler uniquement des victimes du camp Boiro sans analyser l’ensemble du contexte historique.
Source: Youssouf Cissé ( sur son profil Facebook)