Par Kéïta le Manger
Avant sa candidature controversée, le professeur Alpha Condé avait tenu une position qui, pour beaucoup, symbolisait une certaine idée de l’indépendance africaine face aux influences extérieures.
Lors d’un échange marquant avec Emmanuel Macron, une phrase a particulièrement retenu l’attention : « Je n’ai de comptes à rendre qu’à mon peuple. Il est mon seul juge. » Cette déclaration n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une longue tradition de lutte pour la souveraineté, héritée notamment de l’histoire de la Guinée depuis 1958, année où le pays a choisi de rompre avec la tutelle coloniale pour tracer sa propre voie, au prix de nombreux sacrifices.
À travers ces mots, Alpha Condé rappelle un principe fondamental : la légitimité d’un dirigeant africain ne doit venir que de son peuple, et non d’une quelconque approbation extérieure. C’est une réponse directe à toute tentative d’ingérence ou de pression diplomatique, souvent perçue comme une continuité des rapports déséquilibrés entre l’Afrique et certaines puissances occidentales.
Lorsqu’il affirme à Emmanuel Macron : « Ce que tu penses de moi m’est égal ; le seul avis qui compte, c’est celui des Guinéens », il pose les bases d’un discours panafricaniste assumé. Il va encore plus loin avec une phrase lourde de sens : « Je ne suis pas un tirailleur. » Par ces mots, il rejette toute forme de soumission historique et symbolique, faisant référence aux tirailleurs africains enrôlés pendant la période coloniale pour servir des intérêts étrangers.
Ce positionnement, qu’on le soutienne ou non, a trouvé un écho chez de nombreux Africains attachés à la souveraineté, à la dignité et à l’autodétermination des peuples. Il soulève aussi une question essentielle : jusqu’où un dirigeant doit-il résister aux pressions extérieures pour défendre les intérêts de son pays ?
Pour une fois, certains disent être d’accord avec “le koro Alpha”, non pas forcément pour l’ensemble de son parcours politique, mais pour cette posture ferme face à ce qu’ils perçoivent comme une tentative d’influence étrangère.
Ce débat dépasse la Guinée. Il touche toute l’Afrique, confrontée à la nécessité de redéfinir ses relations internationales sur des bases plus équilibrées, respectueuses et mutuellement bénéfiques.
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Source: Sur le Profil de Kéïta le Manager