EN GUINÉE : UNE DIPLOMATIE AU SERVICE DU PEUPLE, SOUS L’ÉGIDE DU PRAGMATISME DE DOCTEUR MORISSANDA KOUYATÉ

À une période où le Président Mamadi Doumbouya apparaissait, aux yeux d’une partie de la communauté internationale, comme un simple « putschiste » promis à l’isolement diplomatique par la CEDEAO, l’UA et plusieurs grandes institutions internationales, la diplomatie guinéenne a progressivement réussi à changer le récit.

Entre les premières sanctions, les mises en garde et les suspensions diplomatiques de 2021, et la présence remarquée de notre pays au sommet « Africa Forward » de Nairobi cette semaine, l’eau a coulé sous le pont!

Mais ce changement ne s’est pas fait tout seul. Derrière cette réhabilitation progressive de l’image internationale de notre paradis, il y a eu un travail diplomatique patient, méthodique et parfois silencieux, porté par des hommes et des femmes qui ont compris qu’aucun pays ne peut durablement se construire dans l’isolement.

À ce titre, Dr Morissanda Kouyaté mérite des applaudissements. Non pas dans une logique de culte de la personnalité, mais parce que fort de son habileté politique, de la passion qu’il met dans le travail et la maitrise des valeurs culturelles de notre pays, il a su incarné une diplomatie de présence, de dialogue et de repositionnement stratégique. Il a compris très tôt qu’au delà des débats internes, la Guinée devait rassurer ses partenaires, reconstruire des ponts et éviter de tomber dans les pièges d’une rhétorique de confrontation permanente avec le reste du monde.

Comme le rappelait Hillary Clinton, « Il y a trois pieds au tabouret de la politique étrangère américaine : la défense, la diplomatie et le développement. (…) La diplomatie robuste et un développement efficace sont les meilleurs outils à long terme pour assurer l’avenir de l’Amérique. » Je pense que cette réflexion trouve un écho particulier dans le contexte actuel de notre pays. Car la Guinée semble avoir compris que la diplomatie n’est pas simplement un exercice protocolaire réservé aux salons feutrés des capitales étrangères ; elle est aussi un instrument de stabilité, de croissance économique et de crédibilité internationale.

Contrairement à certains de nos amis du Sahel, enfermés dans des discours de rupture systématique avec l’ordre international au nom d’un nationalisme émotionnel parfois improductif, la Guinée a choisi une voie plus pragmatique. Une voie qui consiste à défendre sa souveraineté sans transformer chaque partenaire étranger en ennemi idéologique. Une voie qui reconnaît qu’aucune nation ne peut sérieusement prétendre au développement tout en se coupant des grands circuits diplomatiques, financiers et sécuritaires du monde.

Cette diplomatie assumée de non-alignement a permis à notre pays de maintenir des relations fonctionnelles avec toutes les grandes puissances mondiales : Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Turquie, Russie et plusieurs autres partenaires stratégiques. Une posture d’équilibre qui nous permet aujourd’hui de dialoguer avec tous, sans s’enfermer dans des logiques de blocs ou des dépendances exclusives.

Mieux encore, loin d’un orgueil intellectuel souvent contre-productif dans nos administrations africaines, nos autorités ont accepté de faire appel à certaines des plus grandes expertises internationales afin d’accompagner la réorganisation du modèle économique national. Des cabinets internationaux comme KPMG ou Rothschild & Co ont ainsi été sollicités pour apporter une expertise technique sur plusieurs aspects de la restructuration économique et financière du pays (chose que le Président Sidya Touré a toujours conseillé depuis la transition de 2009-2010).

Cela traduit une réalité simple : le patriotisme sérieux ne consiste pas à rejeter systématiquement les compétences extérieures, mais à savoir utiliser intelligemment les meilleures expertises disponibles dans le monde pour accélérer le développement national. Les grandes puissances elles-mêmes fonctionnent ainsi.

Au fond, la diplomatie Guinéenne de ces dernières années aura été celle du réalisme. Une diplomatie qui tente de replacer la Guinée au cœur du concert des nations, non pas à travers des slogans, mais par une stratégie de réintégration progressive, de coopération multilatérale et d’ouverture maîtrisée sur le monde.

Certes il y a des bémols, notamment sur des questions comme les droits humains, les libertés fondamentales et la sécurité des citoyens. Mais nous pouvons nous améliorer. Nous avons d’ailleurs l’obligation de nous améliorer au vu de toute la dynamique économique actuelle dans notre pays. Il faut rassurer dans ces domaines ☝️

En attendant, well done Dr Morissanda

👌👏ECRIT PAR PÉPÉ MORIBA