REGARDEZ BIEN CETTE LISTE AVANT DE DIRE QUE SÉKOU TOURÉ N’A RIEN LAISSÉ À LA GUINÉE ! 🇬🇳À ceux qui passent leur temps à nier, à réécrire l’histoire ou à dire que la Guinée ne possédait aucune capacité industrielle : voici les noms. Voici les secteurs. Voici les lieux.La question n’est pas de dire que tout était parfait sous Sékou Touré. La question est beaucoup plus simple :QU’AVONS-NOUS FAIT DE CE QUI EXISTAIT ?🏭 DES UNITÉS INDUSTRIELLES ET DE PRODUCTION1. SOTELGUI — environ 1 300 emplois2. AIR GUINÉE — compagnie aérienne nationale, avec 9 avions dont 2 Boeing, 3. SONOVA, à Timbo — chaîne de montage de camions.4. CYCLE DE GUINÉE, au rond-point Moussoudougou, carrefour Coléah — chaîne de montage de vélos.5. IMPRIMERIE NATIONALE PATRICE-LUMUMBA, à Coléah.6. COPOROAH, à Madina — usine de jus.7. SOBRAGUI, à Madina — fabrication de boissons.8. SOGUIFAB, à Madina — fabrication de tôles et autres produits.9. CONSTANTIN, à Matam — fabrication de chaussures plastiques et divers produits, devenue par la suite SOGUIPLAST.10. SADEGOMME, à Bonfi — fabrication de pains.11. MOULENESQUE GUINÉE, à Dabondy — transformation du café.12. Usine de fabrication de bougies, à Yimbaya.13. Usine de fabrication de chaussures en cuir / tannerie, à Yimbaya.14. Usine de céramique, à Matoto — ustensiles de cuisine.15. ENTA — fabrication de tabac et d’allumettes.16. SIFRA, devenue SALGUIDIA, à Mafrenya — production d’ananas.17. Briqueterie de Cobayah.18. Usine de confection de meubles de Sonfoniah — capacité annoncée de 60 000 meubles.19. Usine de jus de fruits de Foulayah, à Kindia.20. Usine de confection des tissus de Sanoyah.21. CMD — Construction Métallique de Dixinn — production de profilés, IPN, cornières, fers plats, tubes carrés et ronds, fers à béton.22. Sucrerie de Koba — Sakona.23. Usine de parfums de Labé.24. Usine de production de miel de Labé.25. Conserverie de Mamou.26. ISOA de Mamou — fabrication de bacs, cuves, citernes, châssis de camions et divers équipements.27. Ferme d’État de Dalaba.28. Huilerie de Dabola.29. Usine de jus de fruits de Kankan.30. Projet coton de Kankan.31. Briqueterie de Kankan.32. Usine de thé de Macenta.33. Scierie de Macenta.34. Usine de quinine de Sérédou.35. Usines de fabrication d’outils agricoles — capacité annoncée de 400 000 outils par an.36. Usine de construction mécanique légère.37. Usine de charrettes et brouettes — capacité annoncée de 50 000 pièces.38. Usine de clous — capacité annoncée de 600 tonnes.39. Huilerie et savonnerie de Boffa, à base d’huile de palme.40. Huilerie et savonnerie de Koundara, à base d’huile d’arachide.41. Rizeries de Kouroussa, Siguiri, Drague-Da et Damissakoura à Kankan — capacités annoncées de traitement importantes.42. Usine de bananes séchées et de farine de bananes.43. Scierie à tronçonneuses de N’Zérékoré.44. Tannerie-cordonnerie de Kindia — capacité annoncée de 250 000 paires de chaussures par an.45. SOGUIPAH, à Guéckédou.46. Centre pilote d’Enta.47. Scierie de N’Zérékoré.48. Société guinéenne des plastiques — SOGUIPLAST.49. Usine d’acétylène de Matoto.50. Scierie de Niandan, à Kissidougou.51. Société guinéenne de rechapage des pneus.52. Usine de gari de Faranah.🌾 ET L’AGRICULTURE ?Il y avait également les Centres de Modernisation Rurale (CMR), les Coopératives Agricoles de Production (CAP), les Centres Nationaux de Production Agricole (CNPA) et des fermes d’État consacrées notamment à l’élevage.Aujourd’hui, la question mérite d’être posée :OÙ SONT PASSÉS CES OUTILS DE PRODUCTION ?✈️ ET AIR GUINÉE ?les avions d’Air Guinée desservaient non seulement Conakry, mais également Boké, Sambailo/Koundara, Labé, Siguiri, Kankan, Faranah, Kissidougou, Macenta et N’Zérékoré.Ces avions assurait également le transport d’étudiants guinéens les pèlerins.Autrement dit, l’ambition était de faire fonctionner un véritable outil national de transport aérien.🚆 ET LE RAIL ?La ligne Conakry–Fria,Conakry–Kankan–Niger, sur environ 662 km,et le réseau lié à l’OBK, aujourd’hui associé à la CBK.🚢 ET LE TRANSPORT MARITIME ?La Guinée disposait également de trois bateaux, dont un paquebot cité sous le nom de Simandou.—Alors oui, critiquons Sékou Touré quand il le faut.Critiquons ses erreurs.Critiquons ses choix politiques.Mais si nous voulons être intellectuellement honnêtes, ne transformons pas l’histoire en propagande.Parce qu’une question demeure :SI TOUT CELA N’AVAIT JAMAIS EXISTÉ, POURQUOI RETROUVE-T-ON AUTANT DE NOMS D’USINES, DE SOCIÉTÉS, DE CENTRES AGRICOLES ET D’INFRASTRUCTURES DANS LES ARCHIVES ET LES TÉMOIGNAGES DE CETTE ÉPOQUE ?Le plus grave n’est peut-être même pas ce qui a été construit.Le plus grave, c’est ce que nous n’avons pas su préserver, moderniser et transmettre.On ferme une usine.On vend une autre.On abandonne une troisième.Puis on importe le produit qu’elle fabriquait.Voilà le paradoxe qui devrait nous faire honte : un pays qui possédait des outils pour produire finit par devenir dépendant de ceux qui produisent à sa place.Et aujourd’hui, nos jeunes cherchent des emplois pendant que nous importons une grande partie de ce que nous consommons.Voilà pourquoi le véritable débat ne doit pas être : « Sékou Touré était-il parfait ? »Personne ne l’est.Le véritable débat est :QUI A DÉTRUIT NOTRE CAPACITÉ DE PRODUIRE, ET POURQUOI ?Parce qu’un pays peut perdre une usine.Mais lorsqu’il perd la culture de produire, il perd beaucoup plus qu’une usine :IL PERD UNE PARTIE DE SON INDÉPENDANCE. 🇬🇳L’histoire peut être discutée.Les chiffres peuvent être vérifiés.Les noms peuvent être confrontés aux archives.Mais personne ne devrait avoir le droit d’effacer notre mémoire industrielle.La Guinée de demain ne doit pas seulement posséder des mines.Elle doit posséder des usines.Elle doit transformer.Elle doit fabriquer.Elle doit produire.L’indépendance politique sans indépendance économique reste une indépendance inachevée.— Par Amara Marcelo Fofana Partager pour une mémoire collective et abonné pour ne rien rater